Plusieurs dirigeants d’entreprises manufacturières se demandent pourquoi innover est si difficile. Il semble y avoir un blocage organisationnel.  Serait-il mieux de démarrer une nouvelle entreprise?  Malgré l’effort qu’ils déploient pour optimiser leur processus et générer des innovations, ils n’atteignent pas ou difficilement l’objectif. La complexité du système est sous-estimée.

Pour répondre à cette problématique, peu importe le profil des entreprises manufacturières, il faut revenir à l’organisation, à sa raison d’être. Quel degré d’innovation recherchent-elles ou peuvent-elles aspirer? Quel management exercent-elles?

Le degré d’innovation

Sans trop entrer dans les détails, nous pouvons dire que plus le degré d’innovation d’un produit est important plus l’innovation est considérée radicale, voire de rupture. Le produit aboutit à la création d’un nouveau marché différent des marchés existants.

On trouve le plus souvent ce haut degré d’innovation dans les entreprises start-up où le démarrage et la croissance de l’entreprise sont issus de l’innovation.

Les entreprises manufacturières établies rencontrent moins souvent un degré d’innovation aussi élevé qui risquerait d’ailleurs de les déstabiliser. On y retrouve surtout de l’innovation incrémentale. Une innovation qui améliore quelque chose d’existant, qui permet aux entreprises de survivre afin de maintenir un positionnement concurrentiel avantageux.

Le management

Dans le système d’éducation, on nous enseigne principalement le management et le marketing pour gérer l’exploitation d’une entreprise, pour la rendre plus efficace et plus rentable. « C’est normal puisque le management et le marketing occupent 95% des entreprises manufacturières », selon Paul Millier, professeur de marketing et de management de l’innovation à l’École de Management de Lyon.

Où est l’innovation? Vous l’avez deviné, c’est dans le 5%… Il y en a peu, car les entreprises cherchent continuellement à s’améliorer. Elles sont structurées pour être efficientes, mais pas innovantes. L’innovation reste quelque chose d’inhabituel dans la vie courante des entreprises dont tous les efforts sont consacrés à obtenir des commandes et les livrer au meilleur coût possible.   C’est justement la raison pour laquelle il est impératif de scinder le département de Contrôle de qualité, constamment préoccupé par le quotidien de la production, de celui de la R&D, dont les acteurs doivent avoir la liberté de créer dans une atmosphère propice.  Le dialogue entre le département R&D et celui des ventes, lien de première ligne avec l’utilisateur,  doit être encouragé pour éviter la déconnexion entre les deux mondes.

L’introduction d’une culture d’innovation pourrait améliorer la donne en favorisant un milieu de travail propice à la créativité. Son introduction exige toutefois un effort non négligeable à tous les niveaux de l’entreprise. Elle demande l’engagement de chacun, surtout des dirigeants qui doivent d’abord y croire puis prêcher par l’exemple.

Je vous invite à lire mon article sur le sujet « Le changement peut sembler pénible, mais l’immobilisme tue » Une entrevue avec Christian Larouche ingénieur chez IBM Bromont pendant 17 ans.

La collaboration externe

Pour favoriser et accélérer l’innovation, la collaboration externe est souhaitable. Ce que nous pourrions appeler la démocratisation de l’innovation.  À titre d’exemple, IBM Bromont collabore beaucoup avec l’Université de Sherbrooke et d’autres partenaires privés au Centre de Collaboration MiQro Innovation à Bromont, le C2Mi.

Apple et Google collaborent avec les programmeurs du monde entier pour créer de nouvelles applications les plus innovantes les unes que les autres.  Créant ainsi une valeur ajoutée à leurs clients en avançant plus vite de cette façon. Les idées viennent de leurs utilisateurs finaux.

C’est maintenant votre tour de nous dire ce que vous en pensez. Pourquoi les manufacturiers ont de la difficulté à générer des innovations radicales? Avez-vous des conseils ou une expérience à nous partager?

N’hésitez pas à soumettre vos commentaires.

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