Mathilde Gosselin de Matérium InnovationsMathilde Gosselin

Fondatrice et présidente de Materium Innovations inc.

Materium Innovations de Granby détient un brevet sur un additif constitué de microsphères creuses de silice non toxique. Du sable entièrement vide pouvant être incorporé à tous types de matériaux polymériques.

Fondée en 2010, l’entreprise est une étoile montante parmi les startups industrielles dans l’innovation les plus prometteuses au Québec. Ses MATSPHERES™, produits à base de microsphères creuses de silice ainsi que ses services de microencapsulation attirent l’attention de grands noms dans l’industrie de la biotech, des cosmétiques, du traitement des eaux et des matériaux avancés.

Sa fondatrice et présidente, Mathilde Gosselin, cliente de Lord Innovations, a accepté une entrevue afin de partager son expérience et sa vision de la croissance de Materium.

LINDA LORD – Dès votre début de carrière d’ingénieure vous avez eu des postes dans une grande multinationale que tous les jeunes diplômés en ingénierie rêve d’avoir. Qu’est-ce qui vous a conduit à laisser tomber votre emploi pour vous lancer en affaires?

MATHILDE GOSSELIN – En fait, j’ai démarré une entreprise dès l’âge de 15 ans. Comme j’avais de bonnes notes, des opportunités d’emploi se sont présentées avant même la fin de mes études et j’ai accepté celle d’IBM. Après quelques années, j’ai senti le besoin de procéder à un repositionnement de carrière pour réaliser mon plein potentiel. J’ai fait de la consultation dans les débuts de Materium.

L.L. – D’où est venue l’idée de fabriquer des microsphères creuses?

M.G. – Au départ, on voulait faire des textiles intelligents, des textiles anti-feu qui répondent aux normes, mais le marché n’était pas intéressé. Ce premier axe de R & D n’a pas levé contrairement à ceux qui gravitaient autour. Ce fut une suite de belles découvertes qui a suscité l’intérêt du marché.

L.L. – Bien que Materium quitte à peine la rampe de lancement et existe depuis maintenant 6 ans, en rétrospective quel aura été votre plus grand défi en tant qu’entrepreneure ?

M.G. – Au départ, le défi a été de démarrer une entreprise manufacturière alors que le tissu industriel s’amoindrissait. C’était difficile de trouver l’équipement et la sous-traitance nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise.

L’autre grand défi est de gérer le cycle de vente d’une nouvelle application industrielle. Nous avons sous-estimé le temps d’approbation, l’importance du processus décisionnel interne d’achat de nos clients qui dans notre cas peut prendre jusqu’à 2 ans. Il y a aussi des jeux de pouvoir internes, une hiérarchie informelle chez nos clients qui ralentissent le cycle de vente.

L.L. – À la lumière de votre vécu que feriez-vous différemment ?

M.G. – Je crois que la commercialisation est souvent sous-estimée, surtout par les gens de science. Une technologie unique appuyée d’un brevet solide c’est bien, mais ça ne suffit pas à « closer » la vente. Je mettrais donc beaucoup plus d’emphase sur l’effort de vente afin de mieux comprendre le processus décisionnel de nos clients et m’assurer de connaître les décideurs clés et leurs besoins.

L.L. – Quel est selon vous le meilleur avantage de vos MATSPHÈRES™ à mettre de l’avant?

M.G. – Leur morphologie unique qui permet l’allégement et l’augmentation de la durée de diffusion d’un ingrédient actif tel qu’un parfum.

Ensuite c’est la meilleure productivité que procure leur usage dans les fermentations et les applications biotechnologiques. Au niveau de l’environnement, ils permettent d’accroître la capacité de retirer dans l’eau des polluants à faible concentration.

L.L. – Vos clients peuvent se trouver partout sur la planète. Comment envisagez-vous le développement de vos marchés?

M.G. – Nous envisageons d’être un leader, de participer à des salons très spécialisés et de produire des publications scientifiques.

L.L. – Si vous aviez un conseil à donner aux dirigeants quel serait-il?

M.G. – Osez l’innovation pour vous démarquer

C’est maintenant votre tour à vous exprimer. Avez-vous une expérience à partager ou des conseils à donner? Ce témoignage vous inspire-t-il? Je vous invite à me soumettre vos commentaires.

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